Cathédrale Notre Dame de Paris

les vitraux de la rosace ouest

 

Cathédrale Notre-Dame de Paris, façade ouest et rosace vues de nuit

Cathédrale Notre-Dame de Paris la nuit, façade ouest.

En cliquant sur la photo (vue agrandie), vous découvrirez la racine romane de cette cathédrale,

 

La cathédrale Notre Dame de Paris, d'une pureté de ligne sans égale, incarne la cathédrale gothique de référence. Elle n'est cependant ni la plus grande, ni la plus large, ni la plus haute. Ce joyau en fragile calcaire blond de Paris et de l'Ile de France renferme au centre de sa façade, comme enchâssée dans un écrin de pierre, une rosace de verre du XIIIème siècle exceptionnelle, tant par la richesse de ses symboles que par la finesse de ses traits.

Huit cent cinquante ans nous séparent de la construction de ce monument gothique, qu'une cathédrale romane précède. Celle-là est issue d'une précédente cathédrale carolingienne ou mérovingienne, faisant suite aussi à une cathédrale paléochrétienne. Mille six cent ans nous séparent de cette première cathédrale. Arrétez-vous une seconde : mille six cent ans que la cathédrale teinte les eaux de la Seine d'une spiritualité irriguant en aval, sur cette même île de la Cité, les bâtiments du pouvoir royal et judiciaire.

En bas de page vous êtes invité à poursuivre la visite de la cathédrale Notre Dame de Paris par ses parties hautes, inaccessibles au public, composées du grand comble et de la flèche. C'est une visite exceptionnelle que vous ne pourrez faire autrement.

 

Mais commençons par la rosace ouest, unique parmi les rosaces de toutes les cathédrales de France.

Elle seule parle de l'homme, l'Enfant de la Création, avec ses ombres et sa lumière. Ce thème de l'Homme, enfant de la Création, est repris sur le parvis de la façade ouest dans une beau symbole taillé dans la pierre. La Nature, sous les traits de la Femme, allaite l'Homme, Enfant de la Création. Elle tient dans ses mains des pots d'où jaillissent des plantes prolifiques.

 

Notre Dame de Paris, rosace ouest, extérieur et intérieur

$Notre-Dame de Paris, rosace ouest

Extraordinaire rosace ouest de la cathédrale Notre Dame de Paris

 

La rosace ouest développe vingt quatre rayons sur trois cercles concentriques. Au centre la Vierge Marie, couronnée comme une reine, tient son enfant Jésus assis sur son bras gauche. Dans sa main droite elle brandit un sceptre à trois feuilles. Des fleurs de lys?

L'auréole à fond rouge de la Vierge Marie est constellée de perles sur sa périphérie, reprenant le thème graphique déja développé au portail Saint Anne de la façade ouest, qui réemploie le tympan roman de la Vierge à l'enfant de la précédente cathédrale.

 

Cathédrale Notre-Dame de Paris, centre de la rosace ouest

Centre de la rosace ouest de la cathédrale Notre-Dame de Paris

 

La Vierge Marie tient l'enfant Jésus sur son bras gauche. L'attitude est typiquement gothique. A l'époque romane la Vierge tient l'enfant face au spectateur, s'effaçant derrière lui au double sens physique et théologique (voir le vitrail roman de la Vierge de Vendôme, sur une autre page de ce site).

 

Vitrail rosace ouest, Vierge Marie et Jésus. Cathédrale Notre-Dame de Paris

Centre de la rosace ouest, détail.

 

Jésus enfant bénit de sa main droite, index et majeurs levés, annulaire et auriculaire repliés. Cette posture des doigts se trouve dans d'autres cultures. Il tient dans sa main gauche une boule, le Monde.

 

Le premier cercle de la rosace ouest, près du centre, présente douze personnages. Ils n'ont pas d'auréole et ne portent pas les attributs des apôtres. Ils représentent certainement les douze tribus d'Israël. Une de leur main tient un phylactère sans inscription, l'autre montre du doigt le centre de la rosace. Le deuxième et le troisième cercle concentrent l'intérêt de cette rosace.

 

Vitrail de la cathédrale Notre Dame de Paris

 

La moitié supérieure de la rosace décrit les vices et les vertus, mis par paires sur les demi-cercles médian et extérieur de la rosace. Les douze signes du zodiaque associés aux travaux saisonniers correspondants recouvrent la moitié inférieure de la rosace.

La représentation des vices et des vertus ainsi que les signes du zodiaque et les travaux des champs associés est classique au moyen-âge. Ici même, à la cathédrale Notre Dame de Paris, le portail central de la façade ouest montre les vices et les vertus sculptées dans la pierre, tandis que le portail de gauche de cette même façade, le portail de la Vierge, contient les signes du zodiaque et les travaux des champs, sculptés le long des montants de la porte. La rosace est donc une réplique colorée des bas-reliefs de pierre de la façade ouest de la cathédrale, autrefois peints mais aujourd'hui au calcaire nu. Si de nombreux médaillons furent restaurés aux siècles suivants, d'autres datent de l'origine de cette rose et leur dessin, couleur et qualité de verre sont intacts.

Malheureusement le grand orgue installé depuis plusieurs siècles masque la partie  inférieure de cette grande rosace ouest. Voir la rosace ouest de la cathédrale Notre Dame de Paris dans sa totalité est impossible, à la différence d'autres cathédrales. Nos yeux doivent se contenter de la moitié supérieure des 9,60 mètres de diamètre de la rose ouest. Celà est d'autant plus dommageable que cette rose est la seule de France à présenter un programme iconographique complet, à la fois théologique et profane.

Aussi, avant de découvrir en détail les vitraux de la cathédrale Notre Dame de Paris, le photo montage ci-dessous dévoile les quarante huit vitraux de la rosace.

Dans sa moitié supérieure se développent les deux séries associées des vices et vertus. A la moitié inférieure répondent les douze signes du zodiaque et les activités humaines, agricoles principalement, associées.

Nous allons voir ces médaillons un par un.

 

Cathedrale Notre Dame de Paris, rose ouest reconstituée

Trois médaillons ont été refaits vers le XVIe siècle. D'une facture différente, ils jurent dans cet ensemble gothique. Ici ils sont cerclés de jaune.

 

Pour découvrir les Vertus, personnifiées par des femmes couronnées tenant écu et lance, et les Vices, mis en scénettes humaines, accédez aux deux pages des "Vices et Vertus" ou bien cliquez sur l'une des deux images ci-dessous.

Ces vices et vertus ne sont pas ce que vous craignez. La rosace ouest propose une échelle de Vie plus proche du Dharma d'un yogi qu'une banale description moralisante de nos vies.

Suivez le guide.

 

Accéder à la première page, les six premiers "Vices et Vertus"

Vitraux de Notre Dame de Paris, rosace ouest, vices et vertus

Accéder à la première page, les six premiers "Vices et Vertus"

 

 

Accéder à la deuxième page, les six derniers "Vices et Vertus"

Vitraux de Notre Dame de Paris, rosace ouest, vices et vertus, suite

Accéder à la deuxième page, les six derniers "Vices et Vertus"

 

Vitrail de la cathédrale Notre Dame de Paris

 

 

Les signes du zodiaque et leurs travaux saisonniers

 

Premier couple de vitraux : le signe du zodiaque du Verseau et le Banquet.

 

Cathédrale notre Dame de Paris, rosace ouest, le Verseau

Rose ouest de Notre Dame de Paris, le vitrail du Verseau.

 

Le Verseau déverse l'eau d'une urne tenue à deux mains. Le corps de l'homme est dénudé, montrant nettement ses côtes, son nombril, son abdomen. Les articulations des genoux et des épaules sont mises en valeur par des cercles noirs. Cette façon de dessiner rappelle le style roman qui n'est pas très éloigné dans le temps du nouveau style gothique. L'important ici est l'urne. Le pot en terre est retourné pour vider une eau que l'on devine céleste. Nous sommes dans le monde des archétypes.

Dans l'antiquité pharaonique le pot est un hiéroglyphe de l'heure. Chaque heure est comme un pot qui contient une variété de temps, aux possibilités précisément définies dans le livre des morts, comme l'heure qui ouvre le coeur, l'heure d'Horus, ou l'heure qui contracte et pique, l'heure de Seth.

L'eau céleste du Verse-Eau n'est-elle pas du temps qui se déverse, du temps qui passe ? Ce hiéroglyphe médiéval nous ouvre le cycle zodiacal de la grande rose ouest, chef-d'oeuvre des maîtres verriers du XIIIème siècle.

 

Cathédrale notre Dame de Paris, rosace ouest, Janus

L'activité saisonnière : le banquet divin

 

Au Verse-Eau correspond le mois de janvier, que nous voyons ici. Janvier dérive du mot Janus, déité latine incarnant la fin de la vieille année et le début de la nouvelle. Janus correspond, en quelque sorte, au hiéroglyphe égyptien des deux lions adossés, l'un regardant "hier" et l'autre "demain", entre lesquels le soleil fait sa course tant journalière qu'annuelle.

Dans cet instant "entre deux temps", Janus regarde de ses yeux vides la vieille année, tandis que ses yeux neufs scrutent la nouvelle année. Il festoie des fruits de l'année écoulée, semences pour la suivante. Un symbole est placé au coeur de cette figuration astrologique. Il prend une importance symbolique d'autant plus considérable qu'il est le seul symbole religieux de cette demie rosace, le poisson.

 

Le poisson, ICHTUS ou Christ

 

Ce symbole, un grand poisson, est posé sur la coupe bleue, trônant au milieu de la table de banquet où Janus festoie seul. En effet c'est par le dessin d'un poisson que se reconnaissaient entre eux les premiers chrétiens, hommes, femmes, enfants, du temps où Néron, l'empereur maudit de Rome, les persécutait.

Enfermés au Colisée il les faisait déchiqueter vivants à coups de griffes par ses lions et ses ours, au jour du cirque consacré aux bêtes. Ensuite celles-ci les dévoraient à coups de crocs, sous les regards amusés des romains. Hommes et bêtes se repaissaient de leur sang. En effet, ces chrétiens refusaient de rendre un culte à l'empereur, culte rendu obligatoire par décision de ... l'empereur.

Saint Augustin (né et mort en Algérie, 354-430+) explique que le mot grec ICHTUS, signifiant "poisson", est un jeu de mots pour désigner le Christ. En effet, l'assemblage des premières lettres des mots grecs "Iesus Christ, Fils de Dieu, Sauveur" forment un nouveau mot, également en grec, "poisson". Cet anagramme, ce jeu de mots, désigne également le symbole chrétien de l'Eucharistie, nourriture sacrée réservée aux seuls fidèles. "Cet anagramme renfermait tout et ne trahissait rien aux yeux des profanes" écrivait monseigneur Delattre, évêque de Tunis, en 1930.

 

Le poisson, ICHTUS ou Christ

 

Janus s'apprête donc à consommer ce "grand poisson", le plus grand qui soit, l'Eucharistie, symbole de la mort et de la résurrection, comme l'hiver est suivi du printemps.

 

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Deuxième couple de vitraux : le signe du zodiaque des Poissons, l'homme se chauffe les pieds.

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, vitrail du poisson

Signe du zodiaque des Poissons

 

Deuxième signe du zodiaque de Notre-Dame de Paris, les poissons achèvent la roue zodiacale démarrée un an auparavant. Dans ce temps, dans ce vase placé sous le signe de l'eau, les choses se dissolvent, les formes s'estompent. Nous sommes dans le monde fluidique, des idées, de l'énergie. L'élément matériel perd de sa prédominance, il se dissoud. Cet état donne la chance d'opérer un changement, une mutation. A l'inverse, il peut aussi entrainer une chute de l'esprit, une dérive vers la folie à cause de la dissolution des repères connus.  Nos deux poissons représentent ces deux sens opposés.

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, homme se chauffant

    Cathédrale Notre Dame de Paris. Vitrail de la rose ouest. L'homme se chauffe les pieds.

 

Comme en écho au signe des poissons, notre homme, durant ce temps de  repos de la terre, se repose également. Assis devant son âtre, il ôte une de ses deux chausses rouges, dévoilant une chaussette jaune. Il présente son pied glacé aux flammes pour le réchauffer. Deux buches vertes alimentent celles-ci. La cheminée n'est pas représentée, à la différence du vitrail de Chartres. En hiver, ce sont les pieds qui souffrent le plus du froid et des gelures. Les mains peuvent se mettre au chaud dans des poches, à l'inverse des pieds qui marchent sur le sol gelé.

 

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Cathédrale de Chartres, vitrail du mois de février, l'homme au repos se chauffe.

 

 

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Troisième paire de vitraux : le signe du zodiaque du Bélier, l'homme taille sa vigne.

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, Vitrail du signe du zodiaque du bélier

 

Sous le signe du bélier démarre traditionnellement la nouvelle année, le nouveau cycle solaire à travers le zodiaque. Le bélier fonce, en aveugle. C'est le feu à l'oeuvre dans la nature qui renaît. Ce feu nouveau écrase tout sur son passage. Cependant, sans expérience, le comportement du bélier est irréfléchi et mène à des excès.

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, vitrail de la taille de la vigne

 

 

Le printemps est là, la sève commence à monter.  L'homme taille sa vigne avec une serpette en fer. Les vieux sarments sont coupés et jetés au feu, afin de favoriser la pousse des nouveaux sarments. Avec la bêche placée derrière lui, l'homme prépare la terre autour du pied de vigne. De ces travaux fastidieux et de longue haleine dépend pour une part la qualité des raisins à venir. Pour ce travail d'extérieur, qui se déroule tôt dans la saison, notre homme reste bien habillé : collants, toge à manche longues, manteau à capuchon.

 

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Quatrième paire de vitraux : le signe du zodiaque du Taureau, l'homme cueille des fleurs.

 

 

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Médaillon plus récent

Ce vitrail est d'une facture plus récente, sans doute du XIVe ou XVe siècle. Le trait est lourd, une des deux barres de fer épaulant le vitrail se superpose à la tête, la coupant en deux. L'original a dû être endommagé à une époque reculée, nécessitant alors son remplacement. La photo suivante montre le motif équivalent, sur le vitrail de la cathédrale de Chartres qui est d'origine.

Le taureau, puissant, massif, représente la mise en forme, en matière, de l'idée principe portée par le feu du bélier.

 

Cathédrale de Chartres, vitrail du signe du zodiaque du taureau

Signe du zodiaque du taureau, vitrail de la cathédrale de Chartres

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, rosace ouest, vitrail de la floraison

 

 

Nous sommes fin avril, début mai. La nature est sortie de son linceul. Les champs se couvrent de couleurs éblouissantes. Notre homme cueille deux variétés de fleurs. Son vêtement ne porte ni manches ni capuchon. Ce vêtement est plus léger que celui du signe précédent, car il fait plus chaud. En cet instant le travail pénible est délaissé au profit de l'émerveillement ressenti par l'homme devant le Grand Oeuvre de la nature.

 

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Cinquième couple de vitraux : le signe du zodiaque des Gémaux, la chasse au faucon.

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, signe du zodiaque des Gémaux, rosace ouest

 

 

Nous sommes à la fin du printemps. Deux personnes se tiennent par la main, archétype de la dualité qu'il faut rendre féconde, comme le jour suit la nuit. Sans cette complémentarité la dualité devient division, destruction, anéantissement.

Dans ce vitrail les deux personnages font un échange. L'homme en rouge tend de sa main droite une forme qui ressemble à une pousse végétale, comme le semis d'une plante potagère. L'homme en vert, de sa main droite, fait le geste de se saisir de cette plante. De sa main gauche ouverte un objet tombe dans celle de gauche de l'autre personnage. Est-ce un morceau de pain, une pièce ? Malheureusement, la forme n'est pas identifiable, mais l'idée reste la même. Il s'agit d'un échange constructif et paisible entre deux personnes, incarnant l'archétype zodiacal de cette période du cycle solaire annuel.

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, rosace ouest, la chasse au faucon

 

 

Vêtu comme au signe précédent, notre homme brandit un faucon sur sa main gauche. Un gant épais le protège des serres de l'oiseau. La chasse au faucon est réservée aux nobles. Sur ce vitrail seul le fauconnier est représenté, non le propriétaire. Les deux arbres stylisés situent, de manière conventionnelle, l'action dans un lieu boisé, propice à recevoir l'hébergement des couples d'oiseaux, donc à procurer un gibier abondant. Cette pratique trouve naturellement sa place ici car les Gémaux sont un signe d'air.

Le faucon est libéré du cache-oeil qui a servi à son transport. Il est prêt à prendre son envol pour une nouvelle partie de chasse où il interceptera sa proie dans le ciel. Il lui plante alors ses puissantes griffes dans le thorax et lui brise les vertèbres cervicales avec le renflement spécial de son bec, puis il revient au bras de l'homme pour recevoir sa récompense.

 

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Sixième paire de vitraux : le signe du zodiaque du Cancer et la coupe du foin.

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, signe du zodiaque du cancer, vitrail de la rosace ouest

 

Le soleil arrive au maximum de sa hauteur dans le ciel, le 21 juin au midi solaire. L'ombre projetée au sol est très faible. Le signe du Cancer marque alors le début de l'été, où, paradoxalement, la longueur des jours commence à diminuer. Ce signe d'eau montre invariablement, au moyen-âge, un animal aquatique. C'est le crabe d'eau de mer, à Amiens, ou l'écrevisse d'eau douce, ici à Paris. Cet animal doit se préoccuper de sa maison. Chaque année il mue car son corps de chair se retrouve à l'étroit dans sa carapace qui, elle, n'a pas grandi.

Le crabe cherche alors une flaque d'eau, sur la plage à marée basse. Son corps palpite comme pour se recroqueviller sur  lui-même, son dos s'ouvre comme une boite de conserve et le miracle s'accomplit. L'animal s'extrait, par le dos ouvert, de sa vieille carapace tandis que les mouettes, là-haut dans le ciel, guettent ces imprudents devenus vulnérables.

Ainsi donc le signe du cancer nous retourne-t-il sur nous même, comme le crabe qui marche de biais ou a reculons, ou comme le soleil qui retourne plus au sud pour se coucher, chaque jour,  après le 21 juin. Ce signe représente la maison, mais aussi ses trésors, issus des expériences vécues aux signes précédents. Mais nous craignons de les perdre, oubliant que cette perte sera inéluctable à la fin de notre trajet de vie, à la fin de notre grande année zodiacale d'incarnation.

 

 

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Vitrail tardif, du XIV ou du XVe siècle

 

 

 

Vitrail de la cathédrale de Chartres, le faucheur

Vitrail du travail des champs associé au Cancer, cathédrale de Chartres, le faucheur d'herbe.

 

Ce médaillon, couplé au cancer, n'est pas d'origine, le graphisme est différent. La scène n'est pas conforme au zodiaque médiéval. Reprenons exemple à la cathédrale de Chartres où un homme fauche l'herbe.

Légèrement vêtu, le bas de sa toge remonté et plié sous sa ceinture, ses braies apparentes, il fauche pieds nus. Il se protége de l'ardeur du soleil par un chapeau large. Quel courage !

Sur la droite un pot jaune est posé dans l'herbe, avec un objet vert oblongue qui en sort. C'est une pierre à aiguiser que notre homme porte toujours avec lui. Au fur et à mesure du fauchage la lame de la faux s'émousse au contact des fibres des herbes. Le paysan aiguise alors une fois de plus la lame avec sa  pierre à aiguiser. Puis il la plonge dans le pot jaune rempli d'eau pour  la nettoyer car l'aiguisage charge la lame de limaille de fer. Enfin, il utilise le marteau, situé derrière le pot jaune, pour rectifier le fil du tranchant de la faux. Celui-ci se déforme suite au heurt de pierres cachées entre les herbes.

Notre paysan prépare ainsi le fourrage pour nourrir ses bêtes en prévision des mauvais jours. Tel est le travail harassant, herculéen mais obligatoire qui attend l'homme médiéval, au signe du Cancer, au début de l'été.

 

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Septième paire de vitraux : le signe du zodiaque du Lion et la moisson du blé.

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, signe du zodiaque du Lion, vitrail de la rosace ouest

 

Le lion, ce grand prédateur, annonce le milieu de l'été. Cet animal est inconnu dans nos contrées, tout comme le scorpion. Leur présence démontre que les symboles zodiacaux furent conçus par des peuples vivants très au sud de nos régions tempérées. Le lion est un signe de feu, solaire comme le mois d'août. Il est le roi, le moi, l'égo absolu. Le doute n'a plus sa place ici. Les autres servent le roi. L'égoïsme gouverne en maître ce moment, si l'on n'y prend garde. Il est dur de lâcher, en effet, une seule parcelle de son pouvoir ou de son image.

Et pourtant, le travail du moissonneur ci-dessous, indique clairement où se trouve l'issue du signe du lion.

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, vitrail de la moisson

 

 

Notre moissonneur coupe à la faucille les tiges de blé à mi-hauteur. C'est le temps de la moisson. Chaque épi porte une centaine de grains de blé. Il y a là matière à parabole, ce que le Christ n'hésite pas à faire : "Si le grain de blé ne meurt, il reste seul, s'il meurt (s'il germe), il porte alors beaucoup de fruits". Tel est le glorieux et tragique destin du lion. Pour porter du fruit, il doit mourrir, afin de transmettre ses expériences et ses richesses. Autrement il disparaitra, seul, isolé, oublié, loin de la vague de la Vie.

Les épis d'or que tient dans la main gauche le moissonneur sont autant de petits soleils corporifiés dans une matière vivante, le grain de blé. Il nourrit qui le mange ou devient un nouvel épi au cycle zodiacal suivant pour porter à son tour une descendance multipliée au centuple. C'est la magie de la Vie, le mystère de la semence, vivante quoique d'apparence morte. C'est aussi le mystère du vase, de la terre, qui accueille cette semence, seule capable de la tuer pour qu'elle revive.

 

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Huitième paire de vitraux : le signe du zodiaque de la Vierge et la battue du blé au fléau sur son aire.

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, vitrail de la Vierge, signe du zodiaque

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, vitrail du battage du blé sur son aire au fléau

 

 

Une fois la coupe effectuée, l'homme amasse les épis sur l'aire. A l'aide de son fléau il sépare le grain de la paille. Il tient de ses deux mains le manche en bois de l'outil pour le lever et l'abaisser sur les gerbes de blé amassées au sol. Le manche se prolonge d'un autre morceau de bois, relié au premier par deux courroies de cuir, faisant office de marteau plat. Sous le choc les épis se vident de leur précieuse substance, les grains de blé. L'homme est jeune, torse et pieds nus, jambes découvertes. Assurément le travail est harassant et la chaleur écrasante.

La récolte de blé est engrangée et la paille sert de litière aux bêtes domestiques. La partie basse de la tige de blé, restant au sol, est retournée aux labours suivants, devenant un nouvel engrais. Cette économie médiévale est une véritable écologie.

 

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Neuvième paire de vitraux : le signe du zodiaque de la Balance et le pressage du raisin.

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, vitrail de la Balance, signe du zodiaque

 

Une femme tient fermement de sa main droite une lourde balance. De sa main gauche elle maintient le manche vertical. Alors, la fine aiguille du fléau qui se tient au milieu de la fourche du manche nous indique que les masses pesées sont égales.

Dans la balance les contraires doivent se conjuguer, et non se combattre. Ainsi en ce début d'automne le poids de l'extérieur commence à laisser naturellement la place à des occupations plus intérieures, tant matérielles qu'en esprit.

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, vitrail du pressage du raisin dans la cuve, rosace ouest

 

 

Le travail des champs associé est la vendange et le pressage des grappes de raisin. L'homme foule aux pieds dans une cuve les raisins que les cueilleurs viennent de verser. Un robinet, au pied de la cuve, laisse passer le jus de raisin qui ira fermenter dans des tonneaux. La forme matérielle est abandonnée, seule la partie liquide, prélude aux signes des poissons et du verseau, porte une valeur. Encore faudra-t-il que cette forme liquide soit détruite pour pouvoir se transformer en une forme plus noble que la précédente, du vin. Mais là, c'est le travail du scorpion, signe d'eau, signe de mort.

 

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Dixième paire de vitraux : le signe du zodiaque du Scorpion et les semailles.

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, vitrail du signe du zodiaque du Scorpion

 

 

Notre scorpion à la tête si débonnaire - il est difficile de savoir à quoi ils ressemblent en Ile-de-France - se charge d'une mission difficile : transformer une matière mature, raisin, grain de blé, en une matière plus fine, plus noble. C'est la mort initiatique, la mise au tombeau de la forme, pour libérer l'esprit qui se corporifiera de nouveau en une matière vivante au cycle zodiacal suivant.

Si cette métamorphose ne s'opère pas, le corps est voué à la seconde mort, la mort de la parcelle d'esprit qu'il contenait. C'est alors la dissolution et la moisissure et non la putréfaction salvatrice, alchimique, qui libère le germe de Vie enclos dans la matière.

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, vitrail rosace ouest des semailles

Le semeur, semeur de vie

 

 

Tel est le rôle de notre semeur, dont le geste d'ensemencement de la terre par le germe de blé est le symbole, l'archétype absolu. En effet, mourir pour renaître, telle est la leçon de tout mythe, comme de toute vie.

Notre incarnation zodiacale ne sert qu'a nous préparer au Grand Passage, où notre corps, serviteur fidèle, est remercié et laissé pour libérer le germe de Vie, l'Esprit qui l'animait et qui retourne vers sa part de lumière. Encore ne doit-il pas connaître la seconde mort lors de cette Initiation, la seule vraie initiation.

 

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Onzième couple de vitraux : le signe du zodiaque du Sagittaire, les porcs menés à la glandée.

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, vitrail du sagittaire, rosace ouest

 

Le Sagittaire est le signe du zodiaque où les jours sont les plus courts de l'année. C'est la fin de l'automne, les prémices de l'hiver. L'homme a terminé sa descente en soi, sa descente dans le froid et dans la nuit. S'il vainct l'épouvante de cette période de mort, de putréfaction, il trouve dans les expériences du cycle finissant la richesse d'une nouvelle lumière. Le sagittaire la saisit. Il la sort de cette animalité postérieure, de son demi-corps de cheval. Bandant l'arc de sa foi, la partie humaine du sagittaire  propulse cette lumière loin devant lui, comme un nouveau viatique pour éclairer son prochain cycle.

 

 

Cathédrale Notre dame de Paris, rosace ouest, vitrail de la glandée

 

 

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Douzième couple de vitraux : le signe du zodiaque du Capricorne.

 

Cathédrale de Chartres, vitrail du capricorne

Cathédrale de Chartres, vitrail du zodiaque et des travaux des champs. Médaillon du capricorne.

 

Ce vitrail a été remplacé au XVIème par une représentation étrangère à cet ensemble symbolique. Aussi regardons le vitrail de la cathédrale de Chartres, où figure un vrai capricorne.

 

 

Enfin, clôturons ce cycle développé sur la motié inférieure de la rosace ouest de la cathédrale Notre Dame de Paris par le banquet de fin d'année, de fin du cycle zodiacal. Il répond au banquet de Janus sur la partie opposée de la rosace de la cathédrale Notre Dame de Paris. C'est l'hiver et le repos, à l'opposé des durs temps du travail au champ, l'été.

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, rosace ouest, vitrail du banquet svastika

Cathédrale Notre Dame de Paris, rosace ouest, vitrail du banquet. La nappe est constellée de croix svastika

 

 

La nappe couverte de croix svastikas est un apport symbolique extraordinaire. Ce symbole est la Vie, sous l'aspect du tourbillon qui se développe autour d'un axe central immobile. Ce sont les mille visages de la manifestation de l'influx vital, immatériel.

Cet emblème est un des plus anciens que l'homme ait su tracer, voire le plus ancien. Utilisé en Europe à l'époque romane, en Iran, en Inde, il fut volé et détourné de son sens métaphysique par une secte politique allemande, responsable de génocide, durant la dernière guerre. Dans la culture de Samara, en Irak en -6000 avJC, la svastika figure déja le centre du monde et de la vie.

Oui, vous avez bien lu. Ce signe existe depuis l'origine des écritures et est utilisé encore aujourd'hui en Inde, 8000 ans plus tard. Aucun autre signe humain n'a eu cette longévité.

 

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Irak, VIe millénaire avJC. Assiette en céramique peinte, Samarra, diamètre 28 cm. (1)

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris, vitrail du banquet. Croix svastika.

Cathédrale Notre Dame de Paris, vitrail du banquet. Croix svastika.

 

Alors nous comprenons le sens de ce banquet où un couple partage du pain, une coupe, ainsi que la tête de gibier dans la coupe bleue, posée au milieu de la nappe. Ce souffle divin enfante toutes choses ici-bas. L'homme en tire bénéfice pour son existence. Nourri par la svastika, champ fécond de la création, à la fin du cycle zodiacal de notre rosace, il est aussi acteur de sa fécondité comme le montre les autres médaillons, dans le cycle du travail saisonnier.

(1) Vorderasiastiches Museum, Berlin, in "Aux origines de la civilisation, l'orient ancien" Caubet et Pouyssegur , édition Terrail, page 34, 2001.

 

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Aprés avoir vu la partie basse de la Rosace Ouest, découvrez sa partie supérieure, les "Vices et Vertus".

 

La cathédrale Notre Dame de Paris recèle d'autres trésors. Je vous invite à découvrir ses parties hautes : grand comble, arbalétriers, flèche de Notre Dame comme jamais vous ne pourrez les voir.

Dans le lien ci dessous vous arriverez aux combles, à la flèche, à sa mystérieuse plaque compagnonnique posée par les compagnons qui travaillèrent sous les ordres de Viollet le Duc à l'édification de cette flèche en 1859. De là vous pourrez faire une autre visite inédite : le grand comble et la flèche, la plus vieille de France, de la cathédrale d'Amiens. Enfin, toujours en suivant le fil de ce labyrinthe d'images, vous monterez dans les parties hautes et la flêche de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans. Prenez le temps d'un regard car ces pages web sont éphémères. Bonne visite !

Pour commencer cette visite, cliquer sur la photo

Cathédrale Notre dame de paris, flèche toiture et charpente

Cathédrale Notre dame de Paris. Flèche, toiture et charpente.

 

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